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W(e)Talk : parlons de réussite au féminin

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Comment mettre en avant des parcours professionnels de femmes anonymes ?

Quatre mousquetaires au féminin, quatre profils de femme pour un projet inédit. Un estoc aux réussites professionnelles encore trop stéréotypées pour les femmes.


Le but de W(e)Talk : faire découvrir des destins professionnels féminins hors-norme.

Partie pour voir et comprendre comment quatre jeunes femmes se sont rencontrées pour monter un projet particulier : mettre en avant des femmes à la réussite  installée ou en devenir qui ont du braver de nombreux obstacles pour réussir.  J’ai été bluffée !

J’ai découvert, des organisatrices aux lauréates, des femmes qui transmettaient le don et le dépassement de soi avec humour, humilité et émotion pour relayer les « a priori », les anecdotes sur les barrières qui ont jalonné leur parcours de vie et surtout leur parcours professionnels.

Le 7 juin 2014 une première édition de W(e)Talk a eu lieu. Une édition de qualité où la diversité, l’authenticité et l’émotion étaient omniprésentes. Les quatre fondatrices de l’association W(e) Talk – Esra Tat, Nathalie Lafrie, Alix Heuer, Jehan Lazrak-Toub - ont su réunir 8 femmes aux parcours exceptionnels et 8 ambassadrices du monde de la culture, de l’entreprenariat ou des médias en totale adéquation avec ces profils atypiques.

 

Découvrons qui sont les fondatrices de W(e) Talk.

  • Esra Tat 

Chercheuse de sens, c'est au cours de sa dernière année d’études qu'Esra cofonde sa première entreprise ; une structure d'accompagnement à la rénovation écologique. Puis, pendant 5 ans, elle co-dirige Terra Cités - une entreprise sociale dédiée au logement abordable, participatif et écologique. L'expérience ainsi qu'une transition personnelle l'amènent à s'interroger sur le sens de la réussite, et l'action au féminin. Fin 2013, elle initie le projet W(e)Talk.  Elle est à présent investie dans la création de l’îlot des Combes, un lieu de ressourcement et d’initiation autour de l’agro-écologie, situé en Bourgogne.

 

  • Jehan Lazrak-Toub 

Diplômée d’un master en information et communication, le parcours de Jehan est d’abord celui d’une journaliste. Elle exerce sur plusieurs supports presse, radio et web notamment à France Culture, Courrier de l’Atlas et Respect Magazine et anime des ateliers de journalisme auprès des jeunes collégiens. En parallèle, elle co-fonde, en 2009, Confluences, une agence de communication multiculturelle et digitale. La question de l’engagement au féminin jalonne son expérience. En tant qu’entrepreneure et journaliste, elle souhaite participer de la mise en valeur des femmes « plurielles ».

 

  • Nathalie Lafrie 

Diplômée d’un master de langues étrangères avec cursus MBA, Nathalie coordonne durant 9 ans le développement international des entreprises auprès d’un organisateur de salons professionnels. En 2006, nouvelle maman, elle fait le choix de démissionner. Elle reprend des études en ressources humaines puis accompagne institutions et associations à la création d’événements porteurs de sens. En 2013, elle concrétise son goût pour l’entrepreneuriat social et solidaire avec l’ouverture d’un café intergénérationnel et interculturel en Rhône-Alpes, le Caravansérail Café, puis créé Ethical Minds, agence de conseil en accompagnement de projets.

 

  • Alix Heuer 

Diplômée de Science po et spécialisée en sociologie de la culture, Alix entre dans le web par la porte du financement participatif (« crowdfunding ») en 2011. Elle assure le poste de Directrice des projets sur la plateforme Ulule.com pendant deux ans. En 2013, elle fonde Rouge le Fil, une agence de conseil en stratégie digitale et poursuit en parallèle une formation en développement web au sein de Simplon.co, un incubateur spécialisé dans les projets numériques d’économie sociale et solidaire.

 

Ces quatre femmes ont attendu un certain temps pour concrétiser une idée commune, W(e) Talk, dont l’amorce le 7 juin dernier à la Cartonnerie fut une belle réussite en terme de challenge, de partage, d’échanges pour mettre à l’honneur des femmes ambitieuses anonymes, héroïnes du quotidien.

 

Qu’est ce qui est à l’origine de W(e) Talk ?

(Jehan) Agir sur la question de la réussite féminine sommeillait en chacune de nous, notamment l’envie de promouvoir une plus grande pluralité de modèles. A l’initiative de W(e)Talk, il y a une prise de conscience du côté d’Esra.

 

(Esra) L’activité professionnelle dans laquelle je me suis investie tôt (22 ans) se portait mal. Je n’ai connu que l’entreprenariat et cette période difficile a été déstabilisante, une sorte de perte de repères. Elle m’a pourtant donné l’occasion de faire un bilan de conscience, de m’interroger sur mes choix. Bien sûr je n’ai pas attendu cette période délicate pour m’interroger, mais j’ai vraiment eu le sentiment pour une fois de pleinement prendre conscience des freins auxquels je m’étais confronté et à quel point ma vision de la réussite était encore stéréotypée. En échangeant avec d’autres femmes, j’ai réalisé qu’il y avait de nombreux points communs dans nos parcours : l’autocensure, le manque de modèles de femmes qui réussissent et qui nous ressemblent.

 J’ai eu envie de créer un moment positif de connexion, entre les femmes, autour de parcours de femmes inspirantes. J’avais en tête les grandes lignes et l’esprit de l’évènement. Et parmi mes certitudes : ce ne pouvait être qu’un projet collectif, ne serait-ce que pour la richesse qu’apporte “le groupe”. Fin novembre 2013, j’ai alors pris contact avec Nathalie, spécialisée dans l’organisation d’évènements, basée à Lyon, et Jehan, journaliste, en région parisienne. La « team » s’est alors formée.

Nous avons commencé à plancher sur le positionnement et les contours de l’évènement. Quelques semaines plus tard, Alix nous rejoignait. C’était parti pour un marathon (ou plutôt un sprint) de 6 mois de préparation de ce qui allait devenir la première édition de W(e)Talk, « women empowerment event ». Autour de cet évènement, est né l’association éponyme.

 

Quels étaient vos critères de sélection pour vos ambassadrices et vos candidates ?

(Nathalie) Les ambassadrices W(e)Talk ont été choisies pour leur implication dans la thématique de l’événement. Accomplies, elles ont défini la réussite en leurs propres termes. Mais elles ont avant tout été choisies parce qu’elles portent au quotidien l’inspiration au féminin pluriel, via leurs travaux de recherche, leurs publications ou leur engagement médiatique.

 

(Jehan) Nos modèles féminins 2014 ont été choisis à partir du thème de notre première édition “ne pas faire siennes les limitations des autres”. Chacune à leur manière, dans leur métier, leur domaine de compétences, leurs sphères de référence, ces femmes ont dépassé des barrières matérielles, sociales ou psychologiques.

Nous avions certains domaines en tête (le sport, les sciences, l’éducation...) et l’envie d’avoir un écart d’âge. Notre maître-mot étant la pluralité. Au final, notre idée était de présenter un panel éclectique de milieux professionnels et de profils de femmes pour mettre en valeur ces femmes dans toutes leurs dimensions et engagements.

Ils nous tenaient à coeur d’avoir des personnalités “vraies”, des femmes accessibles, “héroïnes du quotidien”. Loin des icônes féminines sur papier glacé, les modèles féminins W(e)Talk 2014 sont des femmes auxquelles le public peut s’identifier.

 

N’avez vous pas eu peur d’être connoté de « communautaristes » dans une France qui  aime mettre les gens et les projets dans des cases. 

(Esra) Mais nous sommes communautaristes, de la communauté des femmes qui se coachent les unes, les autres ! Blague à part, porter ce regard sur W(e)Talk serait avoir mal compris l’essence même de la démarche.

 

(Alix) Loin d’être un problème pour nous, c’est l’occasion de faire bouger les lignes, tout en étant parfaitement droites dans nos bottes par rapport à ce que l’on fait et qui nous sommes chacune.


(Jehan) Une chose est sûre ; nous sommes les uns et les autres, trop à l’étroit dans les cases existantes en France. Et elles ne correspondent pas à la réalité. Si W(e)Talk vient casser les codes existants pour dépasser les clivages et les assignations, tant mieux !

 (Nathalie) Provoquer la rencontre d’individus poussés hors de leur “cercle de confiance” et vous faites éclore un nouveau paradigme inspirant et unique : c’est ça l’esprit W(e)Talk !

 

Peut-on dire que vous êtes quelque part des militantes 2.0 ?

(Alix) Dans un sens oui. Nous utilisons les réseaux sociaux comme premier espace de discussion avec la communauté W(e)Talk. Pour nous, si la conversation s’arrête, c’est que nous n’avons pas atteint nos objectifs. Par ailleurs, nous mettons les contributions des membres au centre de nos actions (avec la campagne #MonModèleFéminin en amont de l’événement du 7 juin ou la campagne “Aujourd’hui je réalise que…” lancée pendant l’événement).  Cela étant dit, nous ne voulons pas cantonner W(e)Talk à des actions en ligne et voulons incarner physiquement et de façon pérenne un espace d’échange et « d’empowerment* » pour toutes les femmes.


(Jehan) Les réseaux sociaux sont notre force en effet. Leur puissance de “frappe” nous permet d’essaimer au-delà de notre premier cercle. C’est donc un véritable atout pour nous. Ils sont un facilitateur de liens. L’échange et la connexion sont au coeur du projet W(e)Talk. C’est le coeur de notre mission : être force d’inspiration et de connexion pour et entre les femmes.

*empowerment : pouvoir

 

Pourquoi avoir choisi plus particulièrement la collaboration participative (crowdfunding) pour concrétiser votre première édition ?

(Nathalie) Né d’une envie réalisable en moins de 6 mois, W(e)Talk est avant tout un projet collectif. Le « crowdfunding » est alors apparu comme une évidence pour pouvoir collecter le budget nécessaire à la réalisation de l’événement. Au final, la mobilisation de 87 contributeurs en moins de deux mois démontre que le financement participatif est un formidable outil pour créer et mobiliser une communauté autour d’un projet en devenir tel que nous le concevions.


(Alix) Par ailleurs nous voulions impliquer un maximum de personnes dans la création du projet et par ce biais rester au plus proche des attentes de notre public. Une campagne de financement participatif est aussi une “zone de test” très efficace pour orienter nos actions en connaissance de cause et ne pas tomber dans l’écueil d’un mouvement qui n’a de collectif que l’intention.

 

Après une première édition qui a connu un franc succès, comment voyez-vous l’évolution de W(e)Talk ? Et comment combattrez vous les préjugés et stéréotypes sur les femmes ambitieuses qui ont la dent dure, en France notamment ?!

(Esra) Très honnêtement, nous avons initié W(e)Talk dans un tel élan, que nous n’avons pas eu l’occasion à l’origine de nous poser la question de l’“après”. Après le 7 juin, face à l’engouement et surtout les messages incroyablement inspirants et stimulants que nous avons reçus : “tout est possible malgré les à priori des autres”, “je suis capable et légitime ni plus ni moins qu’une autre”. Une suite est donc incontournable ! A ce stade, nous avons acté l’évènement annuel, et nous réfléchissons en parallèle à l’animation d’ateliers en cours d’année.

Côté stéréotypes, par W(e)Talk nous avons le souhait de changer le regard des femmes sur elles-mêmes. Nous souhaitons poursuivre la connexion des femmes pour elles-mêmes et entre elles, dans l’esprit “coachons-nous les unes, les autres” que nous avons vécu le 7 juin. Expérimenter l’inspiration, et (re)trouver en nous-mêmes cette héroïne ordinaire.

 

Quels sont vos critères de réussite en tant que femme et quelles sont les femmes (mis à part les lauréates de cette première édition) qui vous ont inspiré pour réussir.

(Esra) Mes critères ont évolué avec le temps, et c’est d’ailleurs par cette réflexion qu’est née l’idée de W(e)Talk. Aujourd’hui ma réussite je la définis comme la quête d’un équilibre entre toutes les facettes de ma vie, la volonté ferme de ne pas me trahir dans ce que j’entreprends… oser être soi ! Côté modèle, j’ai longtemps été bercé par des figures masculines de réussite, tel qu’Yvon Chouinard, fondateur de la marque écologique Patagonia. C’est comme si j’avais découvert les femmes tardivement ! L’une d’elle me touche et me fascine particulièrement. Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe, dont le parcours évoque pour moi le “vrai” sens du sacrifice.

 

(Alix) Je rejoins Esra sur le fait de rester fidèle à soi et à ses valeurs et de trouver son équilibre. Le sien, pas celui que notre environnement nous impose. J’ajouterai que pour ma part, la réussite est de pouvoir être heureux au moins une fois par jour et être assez sereine pour le réaliser. En ce qui concerne mes modèles, j’ai été transformée par la lecture du travail de Kimberlé Crenshaw, une chercheuse américaine qui a notamment développé le concept d’intersectionnalité qu’elle a appliqué aux réflexions féministes. Elle a mis des mots sur des choses que je ressentais.

 

(Nathalie) Plus jeune, mes critères de réussite étaient ceux du commun des mortels dans une société qui prône la réussite avec l’argent comme fin. Au fil du temps, des voyages, expérimentations, réflexions intérieures et rencontres, une petite voix est venue questionner au quotidien le sens même de la réussite. J’ai dès lors souhaité retrouver ce qui me lie à moi même et à l’Autre : agir en conscience, écouter l’éthique qui m’anime, tout en préservant un équilibre riche d’expériences. Je n’échappe pas à la règle : difficile pour moi de trouver un modèle féminin tant les rôles masculins ont davantage jalonné mes aspirations. Mais mon choix s’oriente vers Aïcha, épouse du prophète de l’Islam, pour sa vivacité d’esprit. Controversée et savante, elle est pionnière à bien des égards.

 

(Jehan) J’étais très mal à l’aise avec la question de la réussite. Elle était synonyme pour moi d’arrivisme et d’opportunisme. C’était mal de réussir car cela voulait dire écraser les autres. Pleine d’autocensure, je me l’interdisais. Maintenant, je sais que réussir c’est d’abord atteindre ses propres objectifs, définir sa propre ligne d’arrivée même si elle est en constante évolution. Militante dans l’âme, je n’imagine pas la réussite dissociée d’un engagement sur le terrain des idées et de la société.

C’est justement dans cette sphère de l’engagement et du militantisme que je trouve mes modèles au féminin. Je citerai Tawakkul Karman, militante des droits de l’homme Yéménite, prix Nobel de la paix en 2011, figure de proue de la révolution au Yemen. Elle a su porter ses combats sur la place publique sans renier son identité et ses principes.

 

 

Si vous aviez un message à donner aux femmes aujourd’hui, quel en serait-il ?

(Esra) Donnons corps à la “solidarité féminine” et “coachons-nous les unes, les autres” !

(Alix) Ne faites jamais de concessions sur ce que vous êtes

(Nathalie) Sky is the limit !

(Jehan) Yes W(e)Talk ! Prenez la parole !

 

Ces femmes ont fait de l’ombre à un certain moment par leur ambition. Mais elles ont su dépasser clivages et obstacles. A l'événement W(e)Talk, j’ai découvert des lauréates humbles, militantes, plein d’empathie. Elles ont touché le public par leurs témoignages poignants, avec un humour caustique pour certaines et qui donnent de belles leçons de vie à toutes les femmes qui luttent pour assouvir leurs rêves et leurs ambitions. Toutes ces femmes ont affronté des combats  personnels et professionnels et en sont sorties victorieuses. Des femmes charismatiques, telles que la rédaction les aime, qui relèvent sans cesse de nouveaux défis et n’abandonnent jamais. Des héroïnes du quotidien comme beaucoup d’entre nous.

Au sortir de l’événement W(e)Talk, une énergie, une aura et de nouveaux défis à relever…

 

http://www.wetalk-event.com

VIDEOS : http://vimeo.com/wetalkevent

24/07/2014 - 20:15 par Leslie CAROMBO

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