Sia Tolno : compositeur et interprète.
Emploi
Une âme militante et une chanteuse talentueuse.
Elle aime ses racines, se bat pour le changement en Afrique et reste une artiste engagée et soucieuse de transmettre l’âme de l’Afrique.
Sia Tolno est née le 21 Février 1975 à Guéckédou, ville guinéenne proche de la frontière de la Sierra Léone et du Libéria. C’est à Freetown, capitale de la Sierra Léone où son père enseigne le français, qu’elle passe l’essentiel d’une enfance qui n’a rien d’idéale. Entre la sévérité extrême d’un père qui la bat et le harcèlement de deux belles mères qui en font leur souffre-douleur, Sia s’isole et tente de donner un sens à ce qu’elle endure à travers l’écriture. Très bonne élève, elle se fait remarquer comme actrice dans le cours de théâtre de son école. Son école la choisit, alors qu’elle a 14 ans, pour interpréter l’hymne sierra-léonais lors d’une manifestation à laquelle participent les officiels du gouvernement. Ses talents vocauxexceptionnels peuvent évoque ceux de Miriam Makeba ou Tina Turner. 12 chansons furent proposées et enregistrées à Conakry dans le studio de Mory Kanté avec des arrangements réalisés par François Bréant, connu pour avoir déjà produit deux grands noms de la musique africaine, Thione Seck et Salif Keita. A 19 ans, elle réussit son baccalauréat alors qu’elle s’est réfugiée chez un oncle où elle vit dans un appartement que partage une trentaine de personnes. Ses premiers pas dans le monde de la musique s’effectuent tandis qu’elle suit des études d’informatique. Mais ils sont aussitôt remis en cause en raison de l’extension d’un conflit qui opposent des chefs de guerre locaux pour le contrôle de la zone diamantifère du pays. Cette immense tragédie lui inspire de nombreuses chansons et l’incite à organiser des concerts pour venir en aide aux déplacés avec le soutien de la P.N.U.D. et de l’Ambassade de France.
En 2000 vous vous réfugiez à Conakry. Que dire de vos années d’exil ?
Conakry m’a permis de faire de mon art, la musique et le chant, un métier à part entière. Cela a été une vraie révélation. J’y ai retrouvé des musiciens sierra-léonais avant d’être engagée aux Copains d’abord, célèbre cabaret de la capitale guinéenne. Cela a été une phase plus heureuse de ma vie. J’ai conquis un public avec ma voix expressive et chaleureuse, il paraît…(Rires)
J’ai surtout trouvé ma place dans le monde de la nuit …« Je suis devenue l’amie des prostituées et des gens « respectables ». Mais j’ai surtout beaucoup composé. Mais tout n’était pas rose. J’ai cherché à diversifier mes revenus en me lançant dans le commerce de l’huile de palme entre la Guinée et la Gambie. Ce fut une parenthèse dans ma carrière.
Pourquoi vous êtes présentée à Africa Star au Gabon en 2008 ?
Je ne voulais pas rester enfermée dans le circuit des cabarets. C’était un nouveau défi pour moi. Faire l’équivalent d’une Star Ac’ panafricaine était pour moi un excellent tremplin. Je suis arrivée troisième du classement. Mais cette expérience m’a permis de faire la conquête d’un public grâce à ma voix et grâce à un répertoire que j’ai adapté à ma personnalité tel que Tina Turner, Whitney Houston entre autre. C’est à cette occasion que le chanteur Pierre Akendengué m’a présenté José da Silva du label Lusafrica. En 2009 j’enregistre un premier album, Eh Sanga (souffrence), réalisé par le guitariste de légende Kanté Manfila, ancien directeur musical des Ambassadeurs et mentor de Salif Keita. J’ai eu la chance de faire la première partie de Cesaria Evora au Grand Rex en novembre 2009 et de faire la scène de la Bellevilloise, à Paris.
Est ce votre trophée pour le prix découvertes RFI en 2011 qui a propulsé votre carrière ?
J’avoue que ce prix a amorcé un vrai tournant dans ma carrière internationale. C’était une reconnaissance inouïe ! J’ai été reconnue internationalement comme l’une des meilleures voix de l’Afrique. En plus avec mon nouvel album My Life enregisté dans le studio de Mory Kanté est mieux abouti. Il reflète une partie de moi et de influences. C’est un album où je chante en anglais, en créole, en kisi, mendi et soussou. Cet album mélange de la musique mandingue, du funk, de la rumba et même des chants de la forêt…
Quels conseils vous pouvez donner aux femmes qui souhaitent faire de la musique et devenir chanteuse ?
S’accrocher envers et contre tout. Ne pas avoir peur de casser des portes pour avancer. Et bien sûr avoir un peu de chance et suffisamment de folie pour s’accrocher. Mais aussi connaître des gens qui croient en votre talent et qui ont un réseau pour vous permettre d’éclore. Mais avant tout il faut rester passionnée, avoir un minimum de talent et certaines qualités humaines et du professionnalisme pour durer.
Sia Tolno était en concert le 29 mai 2012 au New Morning (Paris) et sera le 1er juin au festival Sakifo à La Réunion, le 29 juin à Ramonville et le 30juin à Marseille.
Découvrez une artiste engagée. (vidéo:Quartz Vision)


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