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LIVRES/ Rue Darwin

Les essentiels


Gallimard

Boualem Sansal, toutes les femmes de sa vie

Au-delà des thématiques fortes et récurrentes chez Boualem Sansal - l’Algérie postcoloniale, l’islamisme, l’identité - "Rue Darwin" place la femme au centre de l’histoire et en fait la gardienne de l’Histoire.


Ce sixième roman s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Boualem Sansal. L’auteur algérien y parle post-colonisation, islamisation effrénée et dérives politiques. Il y rêve aussi d’une Algérie démocratique et en paix avec son passé et son identité. Mais Rue Darwin est avant tout un carnet de souvenirs, un journal intime offert au lecteur. Autobiographie à peine déguisée de l’auteur, cet ouvrage conte l’enfance et les errances de Yazid, avatar transparent de Boualem. À la mort de sa mère, en quête de lui-même et pour balayer les zones d’ombre qui planent sur sa généalogie, il entreprend une incursion en forme d’introspection dans sa propre histoire familiale. L’occasion de raconter les femmes et les filles qui ont accompagné sa route et forgé sa personne, au travers de près de cinquante années romanesques.

Car c’est bien la figure féminine qui habite le coeur de ce récit. Celle de femmes fortes et complexes, de pouvoir et dévouées aux grandes causes. Tout commence, donc, au moment du décès d’une mère aimante et tourmentée. Puis le romancier raconte Djéda, cette grand-mère maquerelle, femme de poigne de haute volée, frayant avec les officiels et jouant du destin de chacun en fonction de ses propres desseins. Vient ensuite Faïza, sœur de cœur et directrice de conscience espiègle… D’autres femmes encore, dignes, belles, rebelles et puissantes : Bariza, l’éternelle tante mélancolique, les sœurs émigrées dont la réussite est flagrante. Et ce portrait distillé d’une reine malgache oubliée, Ranavalona, qui fascine Yazid autant que Boualem Sansal…

Ce dernier s’explique sur cette sa vision des femmes, représentations presque élevées au rang d’égéries, dernières détentrices de la Vérité maniant habilement la culture du secret.

 

Toutes les femmes de ce roman ont-elles existé ?

Toutes les femmes du village sont vraies, Djéda, Faïza, Bariza … peut-être, dans mes rêveries, les ai-je un peu idéalisées, mais je ne crois pas. Il me semble qu’elles étaient toutes vraiment exceptionnelles.

Vous décrivez une société quasi-matriarcale aujourd’hui révolue. Que pensez-vous des femmes de pouvoir ?

Dans les sociétés archaïques, les femmes étaient les garantes du maintien de l’ordre et de la stabilité. Elles savent bien ce qu’il faut ou non révéler aux hommes. J’ai toujours estimé que les femmes sont les véritables gardiennes de l’Histoire. Elles la racontent, la transmettent, en buvant le thé… elles seules connaissent les vrais secrets. Les hommes, eux, sont toujours dans la légende, la dignité à tout prix, ils adorent se mentir. Les femmes sont fortes, elles comprennent très jeunes l’importance et la dangerosité de certaines choses, sont au premier plan pour tout savoir et cela leur confère un réel pouvoir.

Comme Djéda, patronne de bordels mais aussi proche des cercles du pouvoir, intrigante et parfois sans pitié ?

Le vrai pouvoir est celui des femmes. Il est construit, il est intelligent. Même dans la veulerie les femmes savent être magistrales. Prenez des reines Victoria, des Margaret Thatcher… Alors que les hommes détiennent un pouvoir brutal, qui ne dure pas éternellement. Au moindre signe de faiblesse, de fatigue, ç’en est fini. Chez les femmes en revanche, il n’est pas bâti sur la force, il tient jusqu’à la dernière minute. Djéda a été une femme de pouvoir toute sa vie, jusqu’au jour de sa mort.

Un mot sur la situation actuelle des femmes dans certains pays arabes ?

Je n’accepte pas, par exemple, le code de la famille, qu’on trouve dans tous les pays arabes ; ça, ce n’est pas possible ! Faire de la moitié de la population des mineurs et oser l’écrire, en plus ! Que cela se passe de la sorte dans les villages, bon, on se dit "c’est la tradition…" mais globalement, comment inscrire dans la loi que la femme a un tuteur ? Qu’il lui faut une autorisation pour se déplacer… Les législateurs doivent accepter de changer ça, pour leurs femmes et pour eux-mêmes.

 

Boualem Sansal est cette année le lauréat du Prix de la paix des Libraires allemands, qui lui sera remis le 16 octobre en clôture de la Foire du livre de Francfort.

 

Rue Darwin, 256 p.

Auteur Boualem Sansal

Éditeur Gallimard, coll. Blanche

Prix 17,50 euros

12/10/2011 - 16:35 par Lauranne Provenzano

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