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Mort et religion musulmane.

Nos différences


Dépasser les clivages.

Avoir droit de choisir son lieu de mort et de recueil pour l’entourage, dépasse la religion. Que faire aujourd’hui en tant que musulman, face à la mort en France ?


Chacun doit pouvoir enterrer ses morts, les prier, les honorer, les aimer dans le respect de sa religion et de sa culture. Devant la mort, nous sommes tous égaux. La peine d'un musulman est la même que celle d'un catholique, d'un juif ou d'un protestant. » Nicolas Sarkozy, 19 avril 2003.

La religion musulmane est la deuxième religion en France après la religion catholique. Sur 4 à 6 millions de musulmans en France, plus de 2 millions sont pratiquants. Pourtant, il n’existe sur toute la France que 70 carrés musulmans dont 25 en Ile de France, dans les cimetières communaux et intercommunautaires. Ce nombre est dérisoire au regard du nombre de musulmans pratiquants en France.

Pourtant, d’un point de vue strictement religieux, rien ne s’oppose à un enterrement en France pour les musulmans puisque le transfert des dépouilles mortelles d'un endroit à un autre est déconseillé dans la tradition musulmane qui veut que le défunt soit enterré sur les lieux même de sa mort. De plus, pour certains, un enterrement en France permet d’éviter les frais et les tracasseries administratives qu’exige le rapatriement, même si la solidarité est présente pour les dernières volontés du défunt concernant le retour sur ses terres natales. Pour autant, une grande majorité des musulmans sont rapatriés dans leur pays d’origine à leur décès. Aujourd’hui ce rapatriement peut poser problème pour différentes raisons :

-       Le recueil des proches vivant en France et n’ayant quasi plus d’attaches aux pays d’origine (mort d’enfants et d’adolescents, mort du 3ème âge musulman)

-       Les problèmes financiers, administratifs et sociaux (coût du rapatriement, situation irrégulière, la précarité de certaines familles, …).

La situation sociale de la quatrième génération peut également poser problème. Cette génération a tous les signes d’intégration (éducation, double identité, accès à la propriété, mariage mixte, …). Se pose alors le problème de la succession des générations, de la filiation et l’affiliation. L’islam quoique la France en dise, fait partie intégrante de la société française de part l’histoire des musulmans de France... en France.

Pour les musulmans de France, ce n’est pas tant l’inhumation dans les carrés musulmans qui pose un problème- lorsqu’ils existent - mais la peur de la crémation. En effet, après un certain nombre d’années, les ossements présents dans les concessions peuvent être exhumés et brûlés, ce qui est totalement interdit en islam. Un enterrement dans le pays d’origine offre pour certains musulmans la garantie que celui-ci se fera dans le respect des préceptes religieux et que dans tous les cas, il n y aura jamais crémation. Pourtant les principaux rites funéraires en islam peuvent tout à fait être adaptés aux lois françaises. Malgré les difficultés d’obtenir une place dans un carré confessionnel en France.

Selon l’article L2223-3 du code général des collectivités territoriales, un défunt ne peut être inhumé que dans le cimetière de la commune :

-       de son lieu de décès

-       de son domicile

-       ou du lieu d’implantation d’une concession familiale.

Que faire si une personne de confession musulmane souhaite se faire inhumer en France, dans le respect de sa religion, alors même qu’aucun des cimetières dans lesquels elle peut prétendre à un droit d’inhumation ne possède de carré confessionnel ? Comment respecter les rites funéraires, cérémonie et inhumation sans endroits spécifiques les respectant ?

La France aurait-elle un déni sur une population non négligeable de sa société ?

Les Carrés musulmans en Europe

Depuis 1980 , l’islam est un élément stigmatisant  mais pourtant elle incite à réfléchir sur les problèmes ethno-sociaux de la France (identité nationale et intégration, enracinement, histoire de l’immigration, vieillissement de l’immigration, relation intergénérationnelle et religion, laïcité, adaptation des circulaires et lois,…).

Certains pays européens ont déjà répondu, pour partie, aux réflexions de la France aujourd’hui (Allemagne, Hollande,  Suède, Belgique, Angleterre). Leur adaptation et l’adaptation des musulmans est telle, qu’aujourd’hui, ces pays- bien en avance sur la France- peuvent servir de référence quant à l’évolution du droit et des devoirs de tous citoyens de confession musulmane (immigrés récents ou 4ème génération) avec les autres citoyens. Les citoyens musulmans faisant partie intégrante de la société du pays d’accueil.

Ces pays européens ont une vraie politique d'intégration de la mort de chaque concitoyen. Ils sont conformes aux textes européens concernant la liberté des religions. La France n’est pas exempte de loi concernant cette liberté: Loi du 15 novembre 1987 sur « la liberté du choix de la sépulture, le respect de la volonté du défunt, le droit d’être inhumé et l'obligation d’être enterré par la commune. Tout en respectant les lois de santé publique.»

 

Le droit de choisir sa mort

La France a longtemps voulu rendre invisible la présence étrangère, en pratiquant une politique d’intégration et d’assimilation. De leur côté, les étrangers ont, pendant longtemps, voulu rester peu visibles, probablement par crainte de mouvements xénophobes, surtout lors de crise politique.Aujourd’hui tout est obsolète !

Les musulmans de quatrième génération ont un double enracinement et un double questionnement : être français et musulman.

Ils souhaitent arriver à transcender des conflits intergénérationnels car ils font partie intégrante de la société française, quoique que peut en penser certains détracteurs franco-français (catho-français), franco-musulmans ou non.

Le monde politique et la société française ne pourront faire « la politique de l’autruche », sur les droits et les inégalités face à la mort des musulmans, comme des autres confessions. Que l'immigration soit choisie ou subie.

Pour bon nombre de musulmans aujourd'hui, le mythe du retour est fini. Chacun peut exercer librement sa religion dans la mort et dans le respect de la laïcité… 

07/11/2011 - 14:40 par Leslie Carombo

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