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Journée mondiale contre les mutilations génitales.

Tabous


Lutte contre l'excision

La tradition n’a pas que du bon !

Un combat à mener au nom du droit des femmes. Comment agir pour abandonner la pratique de l’excision ? Découvrez une pratique traditionnelle qui mérite discussion et action…


Le 6 février est la journée internationale de la lutte contre les mutilations génitales féminines dont l'excision fait partie.

Selon les estimations de l'OMS, entre 130 et 140 millions de femmes ont subi une forme quelconque de mutilation génitale.

Les mutilations génitales féminines dont l'excision, recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales.

Plus de 3 millions de filles sont exposées à des mutilations génitales chaque année. L'opération est généralement pratiquée sur les petites filles et parfois sur des femmes sur le point de se marier, enceintes de leur premier enfant ou qui viennent de donner naissance. 

Souvent pratiquée par des praticiens traditionnels comme les exciseuses et les accoucheuses, l'opération se fait sans anesthésie avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux. L'intervention est toujours traumatisante et peut entrainer des complications telles que les douleurs, l'état de choc et même parfois la mort.

Qu’est ce que l’excision ?

L’excision est l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres. L’excision a des conséquences inéluctables sur la santé psychologique et physique des victimes.

Les jeunes filles ayant subi l’excision risquent des complications durant l’accouchement (déchirures, fistules) ; des rapports sexuels douloureux ; des règles douloureuses ; de l’incontinence urinaire du fait de la lésion de l’urètre, des angoisses, la dépression, etc.

Outre la violation du droit à l’intégrité physique et à la dignité humaine, la pratique de l’excision renforce les discriminations auprès des femmes. Ces mutilations génitales ont évidemment un impact négatif sur l’estime de soi, l’épanouissement et l’autonomisation des jeunes filles et des femmes et peuvent nuire de façon insidieuse au bon développement des pays où existe cette pratique.

L’excision, qui représente 80 % de ces mutilations, désigne l’amputation du clitoris. Pratiqués principalement en Afrique sub-saharienne et dans la péninsule arabique, ces rituels ont également lieu au Proche-Orient, en Asie ou en Amérique Latine.

En Afrique, cette pratique est surtout effectuée par des vieilles femmes ou des accoucheuses traditionnelles, mais peut également être pratiquée par des médecins dans le cadre d’une formation sanitaire, même si cela est interdit par l’OMS. En Occident, des filles sont également victimes de mutilations sexuelles. En effet, originaires majoritairement d’Afrique, les familles ont recours à des exciseuses expatriées qui perpétuent les coutumes locales au nom de la tradition et de la religion.

État des lieux

Dans le monde, 2 millions de filles subissent l’excision (source Plan-Mali) et environ  89% à 94% de filles maliennes subissent encore une  mutilation génitale, la forme la plus courante  étant l’excision.

La Côte d'Ivoire est un des pays d'Afrique les plus touchés par la pratique de l'excision et on estime à 36% le nombre de femmes excisées dans le pays.

Depuis une décennie,  les acteurs la lutte contre l’excision mènent des campagnes pour bouter la pratique. Des progrès significatifs ont été remarqués, des lois ont été votées pour abolir la pratique dans certains pays tels que le Burkina Faso et le Sénégal. Une loi à laquelle tiennent fermement les acteurs militants pour l’abandon de la pratique dans notre pays.

Selon les statistiques du dernier  EDSM au Mali (Enquête démographique et de santé du mali), une comparaison   entre 1996   et  2006, montre  le taux de pourcentage de la pratique dans certaines localités : à  Bamako (95.3% -92.6%) ; pour  Ségou (93.9% -92.2%) et  Mopti (88.3%-75.4%).

Ces pratiques touchent essentiellement les populations rurales plus sensibles à la tradition que les populations urbaines.

Le droit d’être protégée

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution contre l’excision lundi 26 novembre 2012. Toute première résolution dénonçant les mutilations génitales féminines. Les pratiques, dont fait partie l'excision, sont illégales dans une vingtaine de pays africains, en Europe ainsi qu'aux Etats-Unis et au Canada, mais elles n'avaient encore jamais fait l'objet d'une condamnation à un tel niveau dans les instances de l'ONU.

La plupart des pays démocratiques interdisent formellement l'excision au nom du respect des Droits de l'Homme, du respect de la personne humaine et de la protection de l'enfance. Ainsi, un peu partout en Europe, des coupables d'excision sont régulièrement envoyés en prison par les tribunaux. De nombreux pays africains s'efforcent également de faire disparaître cette coutume (comme le Burkina Faso qui pratique simultanément l'information, la sensiblisation et la condamnation judiciaire).

En France, l'excision, constitue une atteinte à la personne et est punie de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, de plus une interdiction du territoire d’une durée de cinq ans peut être prononcée. Art 222-9 et 222-47 du Code pénal.

Toutefois, certains pays (au-delà des interdictions formelles) tolèrent cette pratique. Quelques uns acceptent l'excision au nom du droit à des pratiques traditionnelles. Par exemple, le Bénin n'a pas de loi spécifique sur le sujet, malgré une prévalence évaluée à 50% des femmes du pays.

"L'excision est une violation fondamentale des droits humains. En l'absence de toute nécessité médicale, elle expose les filles et les femmes à des risques pour leur santé et à des conséquences qui mettent leur vie et leur bien-être en danger." déclare Sylvie Dossou, la représentante de l'UNICEF en Côte d'Ivoire.

 

Témoignages de Nadima (30 ans- Djibouti)

J’avais six ans, je rentrais de l’école et un festin m’attendait. J’ai compris que c’était un jour de fête. Mais pas celui dont je rêvais. L’ambiance était tendue. Cinq personnes se sont approchées de moi pour m’immobiliser. A quoi servirait que je raconte ce qu’on m’a fait alors, et comment…? Ce jour-là, j’ai perdu beaucoup de sang et une grande part d’innocence. Quelques heures après, ma mère m’a dit : ‘prépare-toi, tes amies vont arriver’. J’ai eu droit au parfum et à un pagne magnifique. Devant elles, je me suis vantée… Pleurer aurait été me couvrir de honte. J’ai joué le jeu, comme les autres avant moi. Un jeu aux conséquences irréversibles: j’ai connu la dépendance aux médicaments pendant les règles, la violence de la nuit de noces malgré la douceur et la patience de mon mari, la coupure de haut en bas à l’accouchement…

Aussi, quand j’ai accouché de ma fille, je n’ai pas voulu qu’on la touche. Née prématurément, son état de santé était préoccupant. Pourtant, après trois jours, ma belle-mère voulait l’exciser. Dans mon pays, la mère ne décide pas de tout ; c’est mon amie qui me l’a appris. Elle non plus ne voulait pas que l’on touche à sa fille. Un après-midi, pendant qu’elle travaillait et que son enfant était gardée par la femme de ménage, sa mère et sa belle-mère sont venues chez elle. Elles ont fait ce qu’elles avaient à faire. Quand mon amie est rentrée, sa fille hurlait…

Moi j’ai supplié ma belle-mère d’attendre deux ans, le temps que ma fille recouvre la santé. Mais plus l’échéance approchait, moins j’étais prête et plus elle menaçait. Le jour où j’ai enfin osé lui dire non, seul mon mari m’a soutenue. Il a été ligoté, battu, chassé de son travail et de sa famille. J’ai réalisé que ma belle-famille était prête à tout pour que ma fille soit “propre”. Je vivais dans la crainte permanente qu’on me l’enlève, le temps de “faire ce qu’il faut”. Alors j’ai fui avec mes deux enfants. Cela fait deux ans que nous sommes en Belgique. Les débuts n’ont pas été faciles mais je ne regrette rien : ma fille est en sécurité.

 

 

 

« PARCE QUE LA FEMME A LE DROIT D’ÊTRE ET DE RESTER FEMME, NUL, SOUS PRETEXTE DE LA TRADITION, DE LA RELIGION OU DE L’HÉGÉMONIE MASCULINE, N’A LE DROIT DE RETIRER UN ÉLÉMENT NATUREL DE LA SEXUALITÉ DE LA FEMME ET DE L’ESSENCE D’ELLE-MÊME. » (Leslie CAROMBO)

 

www.federationgams.org

www.aidh.org

www.planfrance.org

www.amsopt.oveblog.com

www.courantsdefemmes.org

EXPO « excision, ma façon de dire non » Hall principal gare du nord de Bruxelles

Du 6 au 20 février 2013

www.mafacondedirenon.be

05/02/2013 - 12:47 par Leslie Carombo

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